“Encantos” en espagnol signifie “enchantements”, et c'est précisément ces visions fugitives que ces images révèlent.
La lumière andalouse, crue, presque minérale, ne baigne pas le monde : elle le découpe. Elle isole un fragment de rue, un visage, et laisse le reste basculer dans une obscurité dense, presque charbonneuse, où tout devient possible. On avance ainsi à tâtons, sans savoir ce que cette pénombre dissimule.
Tilby Vattard ne documente pas l’Andalousie : il la traverse comme on explore une mythologie intérieure dont le réel ne serait que le prétexte. Les rues, les façades, les arcades deviennent les décors démesurés d’un théâtre où les personnages, minuscules, semblent toujours sur le point de se dérober. Et lorsque l'humain consent enfin à se montrer, c’est parfois sous un masque : comme ce couple costumé, égaré d’un bal qui n’aurait jamais eu lieu.
Ces images composent un bestiaire suspendu entre le réel et la fable : flamants d'un blanc spectral, colombes projetant au sol des ombres de rapaces... Chaque image est un vertige, où l'on ne sait plus très bien ce que l'on a vu, ni si on l'a vraiment vu.
























