Il y a dans la lumière marocaine, une heure où les choses cessent d'être tout à fait elles-mêmes. C'est cette heure-là que ce travail choisit d'habiter, comme on revient sur les lieux d'un songe pour en vérifier les contours, ce moment où les murs deviennent des tableaux abstraits et les corps des silhouettes aux desseins incertains.
Rien ici ne raconte vraiment une histoire ; tout en suggère une. Un escarpin argenté attend seul sur un parapet, des pierres sont suspendues à un fil, comme un pendule que l'on aurait oublié d'arrêter. Chaque photographie est un indice sans enquête, le fragment d'une fiction abandonné au réel — et c'est ce refus de conclure qui fait le geste du travail.
Cette série se construit ainsi à la lisière — celle du jour et de la nuit, du document et de la vision, du réel et de ce qu'il devient lorsqu'on cesse de chercher à le comprendre, et que l'on accepte, simplement, de le regarder.






















